• © Zubaidah Djohar
  • Laurence Vielle © Andy Huysmans
  • Tan Lioe Le ©Agus Wiryadhi Saidi
  • ©Godi Suwarna

Apéro poésie nomade - Poetry traditions in Indonesia

Description
Informations

Brussels

25 10 '17 - 17:00

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Address

Maison du Spectacle la Bellone
Rue de Flandre 46
B-1000 Brussels

Tickets

Free

Reservation requested
accueil@bellone.be

Organisation

EUROPALIA, Les midis de la poésie, Apéro Poésie, Maison de la Poésie d'Amay, La Bellone, Ministry of Education and Culture of Indonesia

Literary encounter in French

Modérateur de la rencontre David Petit 

La popularité de la déclamation, acte de récitation et de représentation de la poésie avec une modulation dynamique de la voix accompagnée de gestes corporels est étroitement liée avec ce type de poésie. La poésie indonésienne écrite en indonésien, ainsi que dans d'autres langues locales, a un fort attrait auditif, une caractéristique qui découle de la tradition poétique orale rimée appelée pantun. Les œuvres de poètes bien connus comme Chairil Anwar (1922-1949, poète de la Génération de 1945, celle de l’indépendance du pays) et W.S. Rendra (1935-2009, fut à la fois poète, dramaturge, activiste, acteur et metteur en scène et l’un des rares artistes à avoir résisté à la dictature de Suharto) surent préserver cet élément auditif et l’écho de la voix dramatique dans des poèmes de vers libres, ce qui continue de rendre leur travail populaire dans les compétitions de déclamations à l'échelle nationale. 

Godi Suwarna

Les poèmes de Godi Suwarna, écrits en langue soundanaise, reconnue comme étant très mélodieuse, sont des paysages sonores puissants. Son poème « Grand Prix », par exemple, incarne de manière audible les bruits de la vie de la rue. Ce paysage urbain sonore est représenté dans son multilinguisme, avec la pop musique en anglais dans l’étourdissement des transports urbains et le chant mélodieux de la langue soundanaise encadrant la scène. De tels poèmes peuvent-ils être vraiment traduits ? Un grand nombre de poèmes de Godi Suwarna sont essentiellement oraux, semblables à une musique, et sont censés être entendus dans leur langue d'origine. De fait, la lecture de poésie de Godi Suwarna a toujours été une performance, avec de puissants aspects théâtraux, intégrant des costumes, de la musique en fond sonore et du chant traditionnel. Dans cette anthologie, les poèmes, malheureusement, sont réduits à leur seule expression verbale.

Tan Lioe Ie

Comme Godi, Tan Lioe Ie est un artiste complet, mariant poésie et musique. Il a publié des albums musicaux, adaptant sa poésie (ainsi que celle d'autres poètes) à la musique, s’accompagnant en solo à la guitare. Sur scène, il chante, déclame et dramatise ses poèmes en une performance chorégraphiée. Dans le même temps, Tan Lioe Ie écrit des poèmes de type haiku, avec des syllabes calculées et des formes rigides.

À l'instar de Ciam Si, notices prophétiques chinoises utilisées dans les temples, les poèmes de haiku de Tan Lioe Ie ont été utilisés par certains indonésiens chinois dans le même but divinatoire. Certaines personnes allant même jusqu'à réellement placer le livre de poésie sur l'autel de la famille.

Zubaidah Djohar

Un certain nombre de poèmes de Zubaidah Djohar, comme ceux de Godi et de Tan Lioe Ie, sont mêlés de récitations traditionnelles d'Aceh et se prêtent à être exécutés oralement, parfois combinés avec de la musique et de la danse traditionnelles. Avec, comme toile de fond, une revendication féministe très présente, les mélodies de Zubaidah véhiculent des messages directs et un puissant pathos.

La section poétique de cette anthologie a pour objectif de souligner les interactions et un dialogue continu entre la modernité littéraire occidentale et la tradition orale. Les quatre poètes sélectionnés ici démontrent également la nature multidimensionnelle de la littérature indonésienne, non seulement comme belles-lettres, mais aussi comme carrefour de la musique et du théâtre, du rituel et de l'activisme social.

Laurence Vielle

Laurence Vielle (Bruxelles, 1968) est une poétesse et comédienne belge de langue française. 

Elle écrit-dit ; pour elle, la poésie est oralité. Elle aime dire les mots, les faire sonner, les scander les rythmer. 

Claude Guerre dit à son sujet : « Laurence Vielle ne manque pas de souffle. Elle court dans les trains, elle marche sur la terre. Elle cavale les mots, elle fréquente assidûment. Elle écrit par vivre. Elle vit par écrire. Elle vit tout court, naturellement. Mais tout aussi naturellement, elle écrit court aussi. Elle n’écrit pas finalement. Elle ne cherche pas à écrire, comme disait l’autre : elle trouve. Elle est là avec sa chronique à la main - bouche : dire, oraliser, chanter, remuer les nerfs et les ventres, emplir les esprits et les âmes, pénétrer et ravir, transformer, illuminer. C’est une philosophe de la rue. La poésie qui refuse d’être un quelconque décor embellissement du monde affreux. La poésie qui pense le monde en s’amusant de lui. La poésie qui ne s’évacue pas dans la tour d’ivoire. La poésie qui travaille d’arrache-pied sa texture vocale, sa densité de communication, sa vaillance devant les salles d’yeux et d’oreilles attentives. » 

Le 25 10 '17, c’est aussi le lancement du Bookleg de Laurence Vielle qui a séjourné en Indonésie.

David Giannoni

Né à Nice le 5 août 1968, à 4h30 du matin. C’était un lundi. Autant dire qu’il fallait de suite se mettre au boulot… Convaincu d’être français jusqu’à ses 15 ans, il se découvre italien le jour où il déménage à Rome avec sa famille. C’est là qu’il découvre la littérature, l’art, la poésie. Il s’installe à Bruxelles en 1987 et fonde en 1989 le projet « maelstrÖm », un projet multi-artistique et multimédia.

Directeur de la revue et de la collection maelstrÖm avant qu’elles ne se transforment en maison d’édition, scénariste (« Polders » réal. Claudio Serughetti – Arte/Rtbf), cofondateur du réseau réévolution poétique avec Lawrence Ferlinghetti, Alejandro Jodorowsky et Antonio Bertoli, il a longtemps travaillé dans le secteur « sans-abri » à Bruxelles, comme éducateur de nuit et comme responsable du projet « Espaces de parole pour sans-abri ».

En 2007 il crée le fiEstival, festival international de poésie à Bruxelles et devient directeur de la Maison de la Poésie d’Amay (Belgique) et des éditions L’Arbre à paroles. En décembre 2010 il ouvre à Bruxelles la Librairie maelstrÖm 4 1 4.

Il est également poète, peintre, performer et thérapeute. Il a publié des scénarios de BD (« La Face cachée de la ville », 3 vol.), de la poésie (« Œil ouvert œil fermé », « La foi, la connaissance et le souvenir ») ainsi qu’un livre de contes (« Contes de Nod »), tous publiés chez Maelström reEvolution.

David Petit

David Petit est sociologue et économiste, enseignant en promotion sociale ayant vécu deux ans en Indonésie.

La soirée sera animée par un concert de gamelan orchestrés par Made Agus Wardana et Maxime Lacôme.

Made Agus Wardana

Made Agus Wardana est né à Denpasar (Bali) en 1971. Depuis son plus jeune âge, sa famille l’initie à la musique traditionnelle balinaise : le gamelan. En 1995, le Gouverneur de Bali lui remet le prix du meilleur joueur de kendang (tambour balinais) au Festival des Arts Tradtionnels Balinais. Depuis 1996, Made vit et travaille en Belgique où il a fondé l'ensemble de gamelan Saling Asah et donne des concerts et des workshops dans tout le pays.

Maxime Lacôme

Maxime Lacôme est né à Suresnes (France) en 1981. Cet artiste passionné d'expérimentations sonores navigue entre les musiques traditionnelles, électroniques et électroacoustiques. Maxime s'est formé au gamelan à Marseille au sein de l'ensemble Bitang Tiga  et joue depuis deux ans avec l'ensemble Saling Asah à Bruxelles.