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EUROPALIA CURATOR'S AWARD Natural Capital (Modal Alam)

Description
Informations

Bruxelles

21 12 '17 > 21 01 '18

Plus d'info

Adresse

Palais des Beaux-Arts
Rue Ravenstein 23
B-1000 Bruxelles

Heures d'ouverture

mardi – dimanche 
10:00 – 18:00

jeudi
10:00 – 21:00

Fermé le lundi

Info

T +32 (0)2 507 82 00
www.bozar.be

Tickets

Entrée libre

Organisation

EUROPALIA, Ministry of Education and Culture of Indonesia

A propos de l'Europalia Curator’s Award

Pour la deuxième édition de l’EUROPALIA CURATOR’S AWARD organisé à l’occasion de EUROPALIA INDONESIA, les curatrices Charlotte Dumoncel d'Argence (FR) et Laura Herman (BE) ont développé le projet Natural Capital (Modal Alam) pour lequel elles ont sélectionné cinq artistes: Martin Belou (FR), Adrien Missika (FR), Rachel Monosov (IL), Offshore Studio (CH) et Adrien Vermont (FR). Les deux commissaires et deux des artistes (Martin Belou et Adrien Vermont) ont effectué une résidence d’un mois en Indonésie, afin de mener un travail d’observation et de recherche sur le thème de la biodiversité et la médiation de la nature dans l'archipel. Ils sont également allés à la rencontre d’artistes indonésiens. Les résultats de ces recherches seront bientôt visibles dans l'exposition Natural Capital (Modal Alam) qui s'ouvre le 21 décembre 2017 à BOZAR. Ce projet s’accompagne d'une publication en ligne qui sera lancée à la même occasion (naturalcapital.online) .

Curatrices : Charlotte Dumoncel d’Argence et Laura Herman 

Artistes: Martin Belou, Adrien Missika, Rachel Monosov, Offshore Studio et Adrien Vermont

naturalcapital.org est un site internet et publication en ligne, en Anglais et en Indonésien, qui réunit contributions, articles et interviews d’artistes et de théoriciens internationaux, parmi lesquels Yuki Agriardi, Mira Asriningtyas, Bakudapan, Cooking Sections, Yudi Chandra, T.J. Demos, Syaiful Garibaldi, Alexis Gautier, Setu Legi, Celia Lowe, David O’Reilly, Yasmine Ostendorf, Filip Van Dingenen et d’autres. (Le site internet Naturalcapital.online sera rendu public à l’occasion de l’ouverture de l’exposition Natural Capital le 21 décembre à Bozar).

Design par Offshore Studio (Isabel Seiffert et Christophe Miler)

A propos de l’exposition 

Constitué d’une exposition et une publication en ligne, Natural Capital (Modal Alam) met en perspective les approches économiques et scientifiques de la biodiversité dans l'archipel indonésien, l'une des zones critique où biodiversité est à la fois la plus riche et la plus menacée. ‘Natural capital’ ou Capital Naturel, est un concept économique qui perçoit et présente les ressources naturelles comme autant de moyens de production de biens et services. Cependant, il existe des approches alternatives, plus émancipatrices et égalitaires pour définir cette nature commune, actuellement sous le joug de la définition profondément anthropocentrique de capital naturel. 

Se confrontant à ce traitement du monde naturel — conséquences des conquêtes héroïques et de la frénésie de classification scientifique du 19e siècle — et pleinement conscients des filtres à travers lesquels notre expérience de la nature est médiatisée, les artistes et les invités s'engagent dans des propositions visuelles et écrites comme autant de perceptions de la nature indonésienne.  Comme autant de propositions qui viennent contrecarrer les abstractions aliénantes du concept de capital naturel. Ces récits, observations et rapports, laissent apparaître un questionnement de la capacité qu’auraient les vecteurs de cette connaissance et expérience de l’ailleurs —le voyage, les échanges culturels,  les media, l’internet— à pouvoir transmettre une véritable compréhension.

Une Installation de Martin Belou juxtapose des squelettes de coraux morts et des reproductions de panneaux publicitaires qui ponctuent le paysage indonésien, sur lesquels les affiches ont disparu et dont il ne reste que la structure métallique. L’un et l’autre des éléments de cette composition sont dévitalisés, devenus vides et creux, ils deviennent porteurs du sens qu’on veut bien leur attribuer. Dépouillés de leur matière organique, déplacés hors de leur contexte, ils deviennent des objets esthétiques, des formes symboliques dont le sens s’est transformé dans une translation unidirectionnelle, à la fois géographique et sémantique. 

Dans son installation immersive (It will end up in me, Description use of medicinal plants et The Expedition) Rachel Monosov nous entraine avec elle à la rencontre de la médecine traditionnelle indonésienne. A travers une série de films et d’enregistrements sonores, elle questionne le rapport physique, physiologique et économique à la nature. Monosov met en exergue les frictions entre botanique et mystique, entre faits avérés et mythologies vernaculaires, entre documentaire et fiction. Dans proposition — dont les plusieurs volets sont autant d’actes d’une mise en scène— Nature, Homme et Cancer se partagent les rôles titres, et laissent transparaître l’idée d’une utopie où l’observateur est celui qui donne le ton. 

Porté par le geste et l’acte même de la représentation, transformé par l'expérience de sa résidence en Indonésie, Adrien Vermont se place comme un observateur et un filtre. Traduisant une confrontation très personnelle à une nature indonésienne dont la médiation est radicalement nouvelle, il traduit dans de grandes toiles son ouverture à cette autre normalité, vers ce rapport à une nature mystifiée, magnifiée, et fascinante. Puisant dans la statuaire balinaise, il donne à voir une connexion hommes-animaux entre syncrétisme et fusion inter-espèces, dont l’inspiration ancestrale renforce l’à-propos contemporain. 

Avec Plus ou Moins (Psychometric Portrait) Adrien Missika met en relation les aléas de la nature et de son humeur. Une série d’hygromètres mesurent simultanément le taux d’humidité et des sentiments humains. Avec humour il soulève la question de notre rapport à la nature, entre une rationalité scientifique, des croyances quasi-ésotériques et d’indéniables rythmes biologiques. 

Enfin, une série d'objets virtuels en  rotation, les 3D synthétiques-organiques d'Offshore Studio font référence à la malléabilité du «naturel».  A travers un mode de représentation ultra-contemporain, ils abordent également les sujets de l’appropriation culturelle des organismes modifiés et d'une réalité ou artificiel et naturel sont difficilement dissociables. 

Biographies 

Charlotte Dumoncel d’Argence (°1985, France) a une formation en design et un master de design conceptuel de la Design Academy d’ Eindhoven. Des collaborations et des expériences l'ont rapprochée du domaine de l'art contemporain, domaine dans lequel elle initie et contribue à des expositions, des publications et des événements avec une approche transdisciplinaire.

Laura Herman (°1988, Belgique) est une critique et commissaire d’exposition vivant à Bruxelles. Elle est actuellement curatrice adjointe à La Loge et rédactrice chez De Witte Raaf.  Ses textes ont été publiés dans Frieze, Mousse, Spike Art Quarterly, Bomb et Metropolis M. En 2016 elle a reçu son MA du Center for Curatorial Studies à Bard College, New York. 

Martin Belou (°1986, France) est un artiste qui crée des situations performatives, des rituels et des expériences à partir des quatre éléments terre, eau, air et feu. Guidé par l'intuition et des savoir-faire artisanaux, il met en œuvre des sculptures, du dessin et des matières organiques (champignons, épices, bois, pierre, craie ...) dans des installations qui portent des notions universelles d'artisanat, de tradition et de communauté.

Adrien Missika (° 1981, France) partage à travers sa pratique —alimentée par son goût du voyage— sa perception aiguë de sa présence. Dans un espace physique, à un certain moment, dans une culture donnée. Il subvertit les notions d'exotisme et d'appropriation culturelle dans une production multimédia qui met en évidence les frictions et les incompatibilités entre le naturel et l'humain, et les absurdités qui en découlent.

Rachel Monosov (°1987, Israël) Entre photographie, vidéo, performance et sculpture, elle explore les notions d'aliénation culturelle, d'appartenance territoriale, de genre et d'identité. La nature sert de source à l'imagerie et aux objets de l'artiste, qui sont à la fois des agents et des symboles. Son travail reflète une identité déracinée avec et implications sociales larges.

Offshore Studio (Isabel Steiffert °1986, Allemagne & Christoph Miler °1988, Autriche) est un studio de design graphique basé à Zurich. Fondateurs et éditeurs du magazine Migrant (explore les circulations de personnes, de biens, d’informations, mais aussi de la faune et de la flore autour du monde, et de leurs impacts) Intéressé par des projets et productions collaboratifs, transnationaux et décentralisés. Les designs de "Offshore" comportent souvent des signes audacieux et des glyphes qui rappellent les taxonomies scientifiques.

Adrien Vermont (°1981, France) explore le dessin en jouant avec des codes allant des sciences naturelles aux bandes dessinées en passant par les enluminures médiévales et les livres de coloriages. Dans une quête sans fin du ton juste, à travers le format d’études, il développe une écriture unique qui intégrant toute les références mentionnées ci-dessus. Ses inclusions de texte et de langage, loin d'être simplement provocatrices, soulèvent la question de l’auto-expression du sujet observé.


Vernissage : jeudi 21 Décembre 2017 à 18:00