À propos de cette édition

TRAINS & TRACKS
— À propos de cette édition
TRAINS & TRACKS
— À propos de cette édition

L’année 2021 marque plusieurs anniversaires ferroviaires importants* : une belle occasion pour EUROPALIA de s’intéresser à cette invention qui a profondément transformé le monde et semble revenir sur le devant de la scène. 

Du 14 octobre prochain au 15 mai 2022, EUROPALIA TRAINS & TRACKS proposera un programme abordant le train d’une manière la fois contemporaine et artistique, et s’articulant autour de quatre éléments. 

Impact sur la société

Le développement du chemin de fer a propulsé la société occidentale dans la modernité. Le train constitua un énorme progrès en matière de voyage, de transport, d’architecture et d’urbanisme... Il modifia tout un mode de vie et devint une intarissable source d’inspiration pour les arts. Sa vitesse fascinait et effrayait à la fois, il était synonyme de progrès mais aussi parfois de misère et de désespoir, lors de sa construction dans les colonies ou durant les guerres mondiales. 

C’est cet impact du train sur la société qui constitua le point de départ du festival et de ses nouvelles créations. Envisagé d’une perspective historique, mais pas seulement : il s’agit aussi et surtout de se pencher sur son possible impact actuel et à venir. L’exposition d’ouverture présentée aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique à BruxellesIn the Tracks of Art, aborde les changements suscités par le train dans le domaine des arts, depuis les impressionnistes jusqu’aux futuristes et surréalistes. Des grands noms tels que Monet, Caillebotte, Spilliaert ou Boccioni, mais aussi des œuvres d’artistes contemporains, comme Fiona Tan. 

Le long de la ligne Ostende-Eupen, la ligne la plus longue et la plus fréquentée de Belgique - qui traverse par ailleurs toutes les communautés (linguistiques) du pays - seront installées sept œuvres d’art d’autant d’artistes sélectionnées par la curatrice Caroline Dumalin : Che Go Eun, Inas Halabi, Flaka Haliti, Chloé Malcotti, Sophie Nys, Marina Pinsky et Laure Prouvost. Leurs œuvres se plongent dans des contextes locaux, parfois oubliés ou cachés, et s’intègrent à l’espace semipublic situé le long des voies et dans les gares. 

Train World à Schaarbeek nous plonge dans la nostalgie suscitée par les trains avec une exploration du mythique Orient Express.

Au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée de La Louvière, des affiches ferroviaires illustrent le rapport entre chemin de fer et société, en dialogue avec une nouvelle œuvre de l’artiste Nayel Zeaiter.     

Durabilité

Si à l’origine le train était le symbole d’accélération de la société et d’industrialisation, il répond aujourd’hui davantage à une envie de ralentir, à un besoin de vivre et de voyager de manière plus durable, ce qui explique le succès à nouveau grandissant des trains de nuit. L’année 2021 a d’ailleurs été déclarée Année européenne du rail par la Commission européenne. C’est dans ce cadre qu’EUROPALIA organise, dans plusieurs endroits en Europe, des ateliers consacrés au train du futur, des débats relatifs au rôle du train dans le Green Deal et des ateliers créatifs thématiques avec des enfants et des jeunes sur le thème du voyage durable.     

Temps et mouvement

Les notions de temps et de mouvement sont indissociables du train. Au 19e siècle, la confusion entre les heures locales des différentes destinations occasionna des accidents et fut à l’origine de la standardisation du temps, qui semble si évidente aujourd’hui. 

Au sujet du train, ce n’est pas uniquement le mouvement qui fascine : les voyageurs embarqués ou les gares - dont la conception ne tient pas toujours compte de la diversité des identités des usagers - sont tout aussi captivants. Si aux prémices du rail, les mœurs et l’étiquette définissaient la manière d’y déambuler, c’est aujourd’hui principalement un virus, le COVID-19, qui y dicte notre conduite. 

Jean – how to lose track est une proposition de l'artiste Rita Hoofwijk pour le train reliant Bruxelles et Amsterdam. Elle s’appuie sur un manifeste sur le mouvement de l’artiste Jean Tinguely pour tenter d’extraire les voyageuses et voyageurs du temps linéaire et les guider vers le voyage même, le mouvement, le paysage… le temps circulaire. Toujours en lien avec Tinguely, elle développe une seconde performance inspirée d’une des œuvres cinétiques de l’artiste qui sera exposée à BOZAR dans le cadre de l’exposition Rinus Van de Velde : Inner Travels.

Dans cette exposition qui invite à se plonger dans l’univers de Rinus Van de Velde, c’est le train qui porte le récit. En point d’orgue, le nouveau film de l’artiste, en première pour le festival. Rinus Van de Velde crée son propre monde, un microcosme à la manière d’un circuit de train électrique, inspiré de voyages imaginaires et de rencontres avec des artistes tels que Bonnard, Van Gogh, Beverly Buchanan ou encore Fischli & Weiss.    

Rencontres et adieux

Les rencontres - et les adieux - sont inhérents aux trains et aux gares, deux lieux clés du festival TRAINS & TRACKS. La Ronde, une performance longue et étourdissante créée par le chorégraphe et danseur Boris Charmatz, présente des duos de danseurs, musiciens, comédiens et chanteurs dont les couples, six heures durant, se font et se défont. Charmatz emplit la Gare du Nord de Bruxelles de mouvements, dialogues et musiques puissants (en collaboration avec Charleroi Danse) qui donnent le départ d’une série de performances (participatives), installations et concerts dans des gares et des trains aux quatre coins de la Belgique.

Ictus Ensemble s’embarque sur la voie du tout premier trajet ferroviaire sur le continent, effectué en 1835 entre Bruxelles et Malines. L’ensemble s’entoure de divers artistes, dont Myriam Pruvot, Fritz Hauser et Ann Eysermans - qui a composé une fugue pour locomotives -, pour des interventions musicales impromptues dans le train et dans l’Atelier central de la SNCB à Malines. 

C’est un breakdancer aperçu dans la gare de Tunis qui décida Mohamed Toukabri à devenir chorégraphe et danseur. L’artiste développe pour TRAINS & TRACKS une nouvelle performance touchant au breakdance, au hiphop et à leur rapport à l’espace public et aux gares. La performance sera montrée chez plusieurs partenaires (Concertgebouw Brugge, Théâtre de Liège, …) et précédée de workshops dans les gares. 

Dans Lost & Found, coproduit avec Cascophil et Muziektheater Transparant, compositeurs et librettistes séjourneront une semaine durant dans un box de verre dans les gares d’Anvers, Bruxelles-Central et Londres Saint-Pancras. Les artistes composeront quotidiennement une forme courte d’opéra, nourri de l’actualité et alimenté par la contribution des passants, et qui sera interprété à l’heure de pointe. 

Six écrivains et écrivaines, dont Lize Spit, Rob Van Essen et Thomas Gunzig s’approprient le roman de gare classique et présenteront leurs textes en gare d’Anvers et de Liège (en collaboration avec Behoud De Begeerte).

Tout au long de cette période difficile, EUROPALIA, ses partenaires et des artistes enthousiastes ont collaboré à la création de plus de 50 projets artistiques, imaginés en anticipant d’éventuelles complications liées aux mesures COVID-19, mais dans l’espoir d’un automne où public et artistes pourront à nouveau se rencontrer sans contraintes. 

EUROPALIA TRAINS & TRACKS, du 14 octobre 2021 au 15 mai 2022. Le festival est actuellement en préparation; le programme complet sera publié ce printemps. Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter.

Pour cette édition, EUROPALIA travaille en étroite collaboration avec la SNCB et son musée Train World.

* Il y a 175 ans, Bruxelles et Paris furent les premières capitales du continent européen à être reliées par le train, le TGV fut inauguré il y 40 ans et le Thalys fête en 2021 son 25eanniversaire. 

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