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— World Storytelling Day : 8 récits qui défilent à toute allure
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— World Storytelling Day :  8 récits qui défilent à toute allure

World Storytelling Day célèbre l’art du récit. À l’occasion de son prochain festival, consacré au train et à son impact sur la société,  EUROPALIA a sélectionné huit nouvelles où le train sert de décor, voire intervient comme un personnage à part entière.

EUROPALIA TRAINS & TRACKS se tiendra du 14 octobre 2021 jusqu’au 25 mai 2022 inclus. L’élaboration du festival bat son plein et un premier aperçu du programme littéraire sera révélé au cours du printemps. Inscrivez-vous à notre newsletter pour rester informé. Bonne lecture !

Pierre Boileau et Thomas Narcejac - Le train bleu s'arrête treize fois (1966)

Les deux auteurs de ce recueil, Pierre Boileau (1906-1989) et Thomas Narcejac (1908-1998), étaient tous deux grands amateurs du roman noir. La majorité de leurs romans ont été adaptés au cinéma par de grands metteurs en scène, dont Hitchcock. Le train bleu s'arrête 13 fois est un recueil de 13 nouvelles dont le mystère se déroule autour de l’une des 13 gares desservies par le train bleu, surnom populaire du Calais-Méditerranée Express en raison de la couleur de ces wagons. Ce train de nuit de luxe de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits reliait entre 1886 et 2003 Paris et Menton. Le recueil a été adapté pour la télévision, en feuilleton de 13 épisodes, diffusés sur l’ORTF pendant les années 1960.

Charles Dickens - 'The Signal-Man', dans Mugby Junction (1866)

Dans cette histoire de fantômes, l’apparition d’un spectre à l’entrée du tunnel à proximité du poste de l’aiguilleur présage à chaque fois d’un funeste accident ferroviaire.  Dès la première apparition du fantôme, deux trains entrent en collision. Mais ce n’est qu’un début. Ce récit s’inspire sans doute d’un fait divers tragique réel, celui du crash du tunnel de Clayton en 1861.

Stefan Grabinski - 'The Wandering Train', dans The Motion Demon (1919)

Grabinski est parfois surnommé l’Edgar Allan Poe ou le H.P. Lovecraft polonais. Au début du 20e siècle, il introduit dans ses récits des thèmes jamais abordés jusque-là dans
le roman noir ou fantastique, développant ainsi un style personnel et reconnaissable. The Motion Demon est un recueil de nouvelles dans lequel le train se mue en personnage des plus lugubres. Un conducteur de train est pris en otage par sa machine ; un voyageur attend un train qui n’arrive jamais ; un train fantôme erre sans destination, … frissons
garantis !

Nathaniel Hawthorne - 'The Celestial Railroad', dans Mosses from an Old Manse (1846)

'The Celestial Railroad' parodie le roman allégorique The Pilgrim's Progress de John Bunyan, écrit au 17e siècle, dans lequel l’auteur décrit le voyage spirituel d’un pèlerin chrétien. Dans le récit de Hawthorne, c’est en train et non à pied que se déplace le pèlerin. L’auteur relève ce qui distingue le pèlerinage traditionnel du voyage ferroviaire, comme les bagages calés dans les porte-bagages plutôt que sur le dos, ou les voyageurs qui se moquent des pèlerins qu’ils aperçoivent à travers la fenêtre. Le train de Hawthorne
traverse plusieurs lieux évoqués dans le récit de Bunyan. Malgré ces similitudes, les voyageurs finissent par se demander si le train les amènera réellement à la destination promise, le ciel. Lorsque le conducteur se mue enfin en démon mécanique, le narrateur constate avec stupeur que le prix à payer pour son ticket pourrait bien être son âme.

Alice Munro - 'Train', dans Family Furnishings (2014) 

Jackson saute dans le train pour rentrer chez lui après la Seconde Guerre mondiale. Il
traverse à son bord la campagne de l’Ontario au Canada et rencontre par hasard
Belle, qui habite une ferme le long du chemin de fer. Le train est au cœur du récit puisque c’est par lui que tout commence et c’est lui aussi qui influencera les personnages tout au long de l’histoire. La nouvelle parut pour la première fois dans le Harper's Magazine en 2012. Parfois surnommée la Tchekhov canadienne, Alice Munro a décrit plusieurs personnages qui effectuent un voyage en train comme métaphore d’un changement de vie.

Viktor Pelevin - 'The Yellow Arrow' (1993)

Après une rencontre étrange avec un autre voyageur, Andrei, passager du train à grande
vitesse appelé The Yellow Arrow, s’interroge sur la destination finale du train. Alors que les autres passagers semblent confiants, à chaque chapitre, Andrei désespère un peu plus de trouver une issue. Le train symbolise la vie, et la rotation des roues le temps qui passe. L’auteur russe alterne science-fiction et méditations lyriques sur le passé et le futur. Il nous livre un conte à la fois absurde et sublime, mais surtout glaçant !

Sylvia Plath - ‘Mary Ventura and the Ninth Kingdom’ (2019)

Écrit dans le cadre de ses études alors que Sylvia Plath n’a que vingt ans, ce récit n’a été
publié que très récemment. Le texte illustre les expérimentations formelles de la jeune auteure en recherche d’une voix littéraire. Mary Ventura est placée par ses parents à bord d’un train qui doit l’emmener au soi-disant neuvième royaume. Elle rencontre à bord une femme qui l’incite à prendre son destin en main. Mary enclenche de frein d’urgence et parvient à s’échapper du train. Un projet autour de cette nouvelle est en train d'être developé; ce projet fera partie du programme des arts de la scène d'EUROPALIA TRAINS & TRACKS.

Annelies Verbeke - 'Lijst', dans Treinen en Kamers (2021)

Pour les quinze nouvelles de son dernier recueil Treinen en Kamers, Annelies Verbeke s’est inspirée de grands classiques de la littérature mondiale. La nouvelle Lijst par exemple, s’inspire des Notes de chevet de Sei Shonagon, écrit aux alentours de l’an 1000. Courtisane à la cour impériale japonaise, Shonagon décrit dans son récit la vie à la cour, les déceptions du quotidien, la succession des saisons. Mais ce qu’elle aime par-dessus tout sont les listes. Elle énumère par exemple les choses qui l’enjouent : observer furtivement des jeux d’enfants, les moineaux et leurs poussins, se regarder dans un miroir
piqué,…  C’est sous cette forme de liste qu’Annelies Verbeke construit le monologue d’un contrôleur du train qui récite une liste de choses qui remontent le moral à ses passagers.

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